Alors que les catastrophes naturelles deviennent plus fréquentes et plus coûteuses, un rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan appelle à une refonte profonde du système de mutualisation des risques climatiques en France. À la croisée des enjeux économiques, sociaux et écologiques, ce document propose trois scénarios pour bâtir une nouvelle solidarité face aux aléas.
Depuis sa création dans les années 1980, le régime « Cat Nat » couplé à l’assurance habitation a permis une indemnisation large des sinistrés. Pourtant, la situation évolue rapidement. La multiplication des épisodes de sécheresse, d’inondations ou de tempêtes fait alors peser un risque croissant sur les ménages, les assureurs et l’État. Le rapport souligne ainsi que, de 2019 à 2023, le coût moyen annuel des sinistres naturels a déjà dépassé 4 milliards d’euros, un chiffre en hausse de 20 % par rapport aux décennies précédentes.
Toutes les zones du territoire ne sont pas couvertes de la même façon. L’Outre-mer, par exemple, reste marqué par un taux élevé de non-assurance. Certaines menaces, comme le recul du trait de côte, ne sont même pas prises en charge. De plus, la prévention reste peu coordonnée, sous-financée et inégalement accessible, notamment pour les foyers modestes.
Pour anticiper une montée en puissance des catastrophes, le rapport présente trois options :
Derrière ces scénarios se pose une question fondamentale : qui doit payer le prix du dérèglement climatique ? Ménages, collectivités, assureurs, État : chacun devra prendre sa part, mais selon quelles règles ? Pour le Haut-commissariat, l’heure est venue d’en débattre collectivement. Comme le souligne Clément Beaune, il ne s’agit pas d’échapper au coût, mais de choisir comment et avec qui on l’assume.